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Festivals

Passions et tourments amoureux 

Eglise Saint-Barthélemy - Saint-Barthélemy
samedi 21 juillet 2018 de 21h00 à 22h30

Les Traversées Baroques

Anne Magouët, soprano

Stéphanie Erös , violon

Judith Pacquier, cornet à bouquin

Laurent Stewart, clavecin

Florent Marie, théorbe et luth

Benoît Colardelle, lumières

Muse, chanteuse, compositrice : Barbara Strozzi, une femme au destin exceptionnel...

Fille d'une servante et née de père inconnu, Barbara Strozzi voit le jour à Venise en 1619 où elle baigne dans un milieu culturel raffiné, et montre rapidement des dons pour la musique et le chant. Elle étudie dans son enfance avec Francesco Cavalli, et, en 1634, le compositeur Niccolo Fontei loue déjà la manière hardie et charmante dont cette modeste sirène rend habituellement les harmonies. Elle publie son premier opus à l'âge de 25 ans, et aura la chance d'en publier huit au total entre 1644 et 1664.

En 1637, Giulio Strozzi, son père adoptif, fonde l'academia degli unisoni, réunion d'artistes et d'intellectuels se retrouvant pour discourir de manière réthorique sur des sujets choisis. Les Veglie de segnori unisoni (1638) consignent un certain nombre des débats qui s'y tiennent. On y apprend notamment que Barbara y joue le rôle de maîtresse de cérémonie, qu'elle choisit les sujets à débattre et juge les discours. Elle chante également dans ces réunions, mais elle n'est pas la seule : ces Veglie mentionnent la présence des voix « les plus rares du siècle », et Claudio Monteverdi y aurait participé en personne.

On y lance par exemple la controverse suivante : quelle est l'arme la plus puissante en amour : les larmes ou le chant ? Barbara Strozzi lit les arguments, commençant tout d'abord par défendre les larmes. Elles sont naturelles, le chant étant, quand à lui, artificiel, puisqu'on on ne trouve pas de tremolo qui ne soit pas fabriqué, ni de soupir qui ne soit une fiction. Elle lit ensuite l'argument contraire, en défense du chant face aux larmes : elles coulent de manière incontrôlée, tandis que le chant est conduit par l'âme. Il est donc le véritable maître des élans qui font naître l'amour. Le dernier mot ira à Barbara Strozzi, qui conclue la controverse de la manière suivante : je ne discuterai pas votre choix, mes gentilhommes, en faveur du chant, parce que je sais bien que vous ne m'auriez pas fait l'honneur de votre présence si je vous avais invités à venir me voir pleurer, et non à m'entendre chanter...

Cette histoire résume à elle seule l'état d'esprit de cette période...

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